Né à la fin des années 70, Maxime, aka Loewen, a commencé la photographie très jeune, réalisant ses premiers clichés à l’aide d’appareils photos jetables et automatiques. Puis les années passent et la photographie s’est petit à petit transformée en passion pour lui. En 2014, les choses évolues lorsqu’il rejoint le collectif de photographes rennais 18-55. Au sein de ce dernier, il s’essaye à différents domaines de photo, et notamment la photo de concert. Aujourd’hui il nous parle de sa vocation.

 

Pourquoi avoir choisi de se tourner vers le domaine de la musique ?

C’était pour moi une association logique ! Curieux en musique, passionné par la photo je voyais régulièrement passer des photos prises lors des concerts et j’ai eu envie de m’y frotter. Cela me permet d’assouvir mes deux passions en une finalement ! Je n’y connaissais pas grand chose, j’ai commencé à être épaulé par d’autres photographes plus expérimentés, sur des petits concerts dans des bars, et j’y ai vite pris goût ! Le concert est un exercice assez exigeant, avec pas mal de contraintes, mais je trouve ça très chouette d’essayer de retranscrire l’émotion du moment, ce qu’il se passe sur scène.

Comment se déroule l’accès aux festivals et aux concert pour les photographes ?

Le sésame c’est l’accréditation délivrée par le festival ! J’ai la chance de faire partie de l’équipe officielle de plusieurs festivals. En gros, dans chaque festival il y a une équipe officielle, qui va être là pour réaliser une couverture exhaustive de tout ce qui va se passer pendant le week-end. Les concerts, mais aussi les installations, les bénévoles, les animations, l’ambiance globale… Et puis à côté on va trouver aussi les photographes faisant partie d’un média accrédité (presse régionale, webzine, etc…). La place n’étant pas extensible, c’est le festival qui décide du nombre de places disponibles !

Vous couvrez donc certains festivals, quelle est votre routine typique lors de ces derniers?

On commence toujours par un briefing avec le chargé de communication du festival ! C’est lui qui va gérer l’équipe, nous indiquer les besoins prioritaires, nous communiquer les contraintes spécifiques sur chaque concert… Par exemple il est maintenant très fréquent que nous ayons une autorisation de photographier uniquement pendant les 3 premiers morceaux de l’artiste dans la fameuse fosse entre la scène et le public. Il faut donc être efficace et rapide pour réaliser les photos. Ensuite, entre les concerts on couvre les différents thèmes à réaliser, ouverture des portes, photos d’ambiance, etc… On retourne régulièrement à notre petit QG pour décharger les photos, éventuellement en traiter quelques unes si le festival veut diffuser des images sur les réseaux sociaux. En résumé, on n’a pas le temps de s’ennuyer, c’est un rythme soutenu !

Effectivement lors des concerts, vous vous retrouvez dans cette fosse séparant la foule de l’artiste, comment ressentez-vous cette énergie ?

Matt Bastard-Art Sonic 2018 - Loewen photographieC’est très spécial et plutôt impressionnant quand on débute. D’un côté on a le public, bien chauffé quand le concert est attendu (avec les plus gros fans qui sont souvent arrivés bien avant le début du concert) et de l’autre côté on a les artistes tout proches, avec un chanteur, un guitariste qui descend parfois tout près de nous. En même temps il faut rester concentré, il y a le personnel de sécurité qui fait son boulot, il ne faut pas les gêner. Eviter de déranger les autres photographes, faire attention aux câbles des caméras… Et réussir évidemment à faire ses photos ! Mais c’est une expérience très chouette, au cœur du concert.

Cela semble très intense, l’ambiance est-elle la même pour le festivalier que pour le photographe ?

Difficile à dire ! En festivalier, on est libéré de toute pression, entre copains et juste là pour profiter. En photo on garde toujours en tête qu’on doit faire les meilleures photos possibles ! Mais on arrive toujours à bien en profiter quand même, et par exemple quand un concert me plait j’essaye de rester un peu derrière pour en profiter quand même !

Vous devez avoir des souvenirs plein la tête ! Quels sont vos meilleurs ?

En souvenirs récents j’ai eu la chance de voir cet été Noel Gallagher et IAM! Je pourrais aussi citer Beth Ditto, la chanteuse de Gossip, les Liminanas, Inspector Cluzo… Mais les souvenirs sont aussi dans le fait d’avoir participé à ces festivals, la plupart associatifs et qui reposent sur le bénévolat. En France on a la chance d’avoir un gros réseau de festivals associatifs ! À chaque fois ça représente plusieurs centaines de bénévoles qui se mobilisent pour la réussite de ces éditions. Et vivre ça de l’intérieur, avec des amis, c’est une grosse expérience !

Vu sous cet angle, c’est vrai que votre métier peut en faire rêver plus d’un, est-ce compliqué de se faire sa place dans le milieu ?

Rilès-Art Sonic 2018 - Loewen photographie (2)

C’est difficile de parler de métier, la plupart des photographes que je connais sont avant tout des passionnés comme moi ! Et on a tous un boulot à côté. Comme toute passion, ça a un côté un peu envahissant, il faut se rendre disponible. Par exemple je cale la plupart du temps mes vacances sur les festivals ! Aimer travailler sur ordinateur aussi est indispensable, puisqu’après la prise de vue il y a le temps du traitement des photos sur les logiciels spécialisés, le tri… Ça prend plus de temps que celui qu’on passe sur le festival ! Pour en revenir à votre question, se faire une place c’est avant tout une histoire d’implication et de motivation. Et il faut pratiquer ! S’entraîner, par exemple, en allant photographier des petits concerts près de chez soi, se rapprocher d’autres photographes pour échanger, il existe pas mal de collectifs de photographes dans les villes ! Et puis après, quand on a quelques photos à montrer, on peut postuler sur des événements plus gros. Les places sont certes limitées, mais si c’est ce qu’on veut faire, on peut y arriver

Quels sont vos projets pour les années à venir ?

Continuer tant que j’y prendrai du plaisir et que j’arriverai à enchaîner les nuits blanches ! Et puis après, ça dépendra un peu des opportunités et de ce qui se présentera… Je n’ai pas vraiment de plan établi au-delà d’un an à peu près ! Et puis pour le rêve, j’aimerais beaucoup passer au Hellfest un jour pour l’ambiance incroyable!

 

Retrouvez le travail de Loewen sur son site : https://www.loewen-photographie.org/

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