Melissa BON voyage entre les pays, les genres artistiques, pour nous emmener avec elle bien loin de notre quotidien. Après avoir voulu vivre une vie de l’autre côté de l’Atlantique, à New York. Elle revient en Europe et nous sort son tout premier EP « Away ».

MELISSA BON : Je suis une artiste assez éclectique. Dans mon cas, j’avais naturellement envie de retranscrire lorsque je créais tous ces genres musicaux qui m’attiraient. J’avais envie d’expérimenter ce mélange de genres.

YOUR MAGAZINE : Quels sont les artistes qui vous influencent, et que vous écoutiez petite qui ont pu influencer ce que vous faites maintenant ?

C’est un mélange de plein de choses. Il y a eu Shade, Whitney Houston, Aaliyah. En grandissant j’ai découvert Erykah Badu, et plus récemment James Blake.

MELISSA BON parlouis 1 HD

C’est un gros catalogue d’artistes ! Votre premier EP est sorti le 15 juin dernier, il y a 4 titres « seulement » . Pourquoi avoir fait le choix d’un premier EP aussi court ?

Je pense que j’avais envie de sortir un EP pour montrer une petite partie de ce que j’ai fait. Il faut voir ça comme un amuse-bouche, un teaser de la suite. Ce sont des titres qui comptent beaucoup pour moi, comme Nomad. C’est un titre qui est en quelque sorte le noyau de tout le projet. J’ai voulu donner quelques petits bouts de ce que je fais, et de ce que je vais exprimer. 4 parce que 3, ça devenait vraiment trop court, et 5 un peu trop long. [rire]

Votre deuxième clip Nomad est sorti il y a quelques semaines. On retrouve ces inspirations aux films Bienvenue à Gattaca, ouencore, 2001 L’odyssée de l’Espace... Qu’est-ce que vous aviez envie de partager à travers vos deux premiers clips ?

Ca a été une réelle discussion avec le réalisateur Matt Larson qui a écouté ma musique, et qui l’a tout de suite fait tiqueter dans ce rapport un peu rétro, futuriste par rapport à la façon que je chante qui est dans une vibe très soul, vintage, jazz.. et le son en lui-même bordé de rythme électronique. Dans l’écriture de ce clip, il y avait vraiment l’envie dans un contexte futuriste, de retranscrire l’espèce de dualité que j’ai reçu entre l’enfermement et l’auto emprisonnement. C’était une réelle discussion commune, et pas juste un réalisateur au service d’un clip.

C’est un petit peu ce qu’on retrouve dans votre clip Blank. On découvre un clip en noir et blanc, petit à petit, la couleur apparait. C’est l’idée de s’émanciper ?

Complètement. On est là dans un discours similaire entre les deux titres mais dans Blank, je raconte la peur, l’angoisse de la page blanche. De ne pas pouvoir créer, de ne pas pouvoir aller au bout de quelque chose. Blank c’est la peur de l’échec, et de la spirale dans laquelle beaucoup de gens se retrouvent. Le noir et blanc est un choix qui rend la narration très cloisonnée. Le premier clip est très focus sur la lumière et les changements de regards.

A côté de ça, il y a les deux titres de cet EP dont celui qui donna son nom à ce projet Away , puis un second One. Qu’est-ce que ces chansons racontent à leur tour ?

Je parle essentiellement de désillusion suite à un voyage que j’ai fait aux Etats-Unis, qui m’a beaucoup marqué. Les choses ne se sont pas passées comme prévu, puis je suis quelqu’un de très connecté à mes sensations, à tout ce que je peux ressentir. Ce voyage est quelque chose qui m’a beaucoup troublé. Le titre Away, c’est parce que je suis partie loin, loin de moi-même. Je me suis complètement perdue. Je suis rentrée dans une espace d’idéalisation de la situation, et je suis tombée de haut. One, c’est autour de la déception. Je n’en dis pas plus car je pense que l’énergie de la chanson parle d’elle-même.

Vos titres parlent effectivement par eux-mêmes , et le peuvent par l’unité et votre sincérité. Quand on parle de Mélissa Bon, on ne peut pas, ne pas parler de son passage à The Voice, pourquoi avoir voulu faire cette émission ?

The Voice m’a apporté une expérience, un rapport aux médias, à celui de la télé, et de jolies rencontres. Le fait d’avoir été exposé m’a donné plus de chance d’être entendue par le plus grand nombre, et d’être découverte par d’autres, c’est sûr. Après, The Voice, je l’ai perçu comme un tremplin. Ce n’est pas pour autant une émission qui m’a défini. La façon dont je me suis présentée à cette époque là n’est pas le reflet de qui je suis maintenant. Même artistiquement, je me suis retrouvée dans quelque chose d’assez gros, et je crois que je suis quelqu’un qui a besoin de plus d’intimité pour mieux et bien m’exprimer. Quand je ne composais pas encore et que j’ai fais cette émission, je ne savais pas ce que je voulais.

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OLYMPUS DIGITAL CAMERA (c) Elina Tran

Comment avez-vous rencontré le chemin de la musique ?

J’ai toujours chanté. Ma grand-mère chantait beaucoup à la maison, et j’ai toujours été sensible à ça. Je chantais devant les Walt Disney comme beaucoup, et mon entourage me soutenait. J’ai fais du piano, j’ai essayé divers choses. A chaque fois que j’essayais, j’arrêtais ! Le chant est la chose qui est resté de toutes les activités que j’ai pu faire, que ce soit du sport ou autre.

Vous avez sorti votre premier EP, un deuxième est-il en préparation ?

Alors il y a un album qui arrivera en début de 2019. J’ai vraiment écrit cet album dans la continuité avec la même énergie de ce que vous avez pu entendre dans l’EP. J’ai mis en musique un journal intime que j’ai commencé, terminé. Je sors cet album avec une page qui se tourne.

J’ai exploré des sons encore un peu plus électro, des ballades, des chants en français.

Pourquoi avoir voulu s’essayer au français, car c’est vrai que sur vos réseaux sociaux, tout est en anglais…

Je suis bilingue, et j’ai parlé depuis toute petite chez moi autant le français que l’anglais. J’ai toujours été attiré par la musique anglosaxonne. Au-delà de l’aisance, et du fait que beaucoup d’artistes disent que c’est soit disant une langue qui se porte plus à la musique, chez moi, c’est dans une dynamique naturelle. Quand je pense à une mélodie, une musique, les mots me viennent en anglais. C’était pas du tout dans une intention commerciale. Le choix d’avoir fait un titre en français, c’était pour explorer ce que je n’avais pas l’habitude de faire.

Melissa, comment pourrions-nous terminer cette entrevue ?

C’est assez magique de pouvoir partager des choses très personnelles que j’ai fais dans un contexte très intime, chez moi, dans un espace réduit et de savoir que c’est écouté. Je suis heureuse de pouvoir le jouer devant des gens et de le transmettre. Une proche après un concert, m’a dit une fois que les 45 minutes de concert lui avaient permis d’oublier son quotidien, et c’est aussi pour transmettre de telles choses que je fais ça. Je veux amener les gens quelque part d’autre que dans leur quotidien, et ça c’est vraiment la beauté de l’art. Et je suis content de faire partie de cette expérience, pour d’autres, et pour moi-même.

Son EP – Away – disponible sur toutes les plateformes légales de téléchargements et de streaming.

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Stanley TORVIC
Fondateur et le rédacteur en chef de YOUR MAGAZINE. J’ai 20 ans et je suis en 3eme année de licence Arts du spectacle option Théâtre à l’Université de Caen. Entre le magazine et mes cours, je suis membre du bureau et du conseil d'administration de l'association caennaise Radio Phénix. Passionné par les arts et la culture, j’ai fondé YOUR MAGAZINE afin de rendre accessible la lecture et les arts aux jeunes désavantagés.

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