A la rencontre du Quatrième Corollaire

 

Le Quatrième Corollaire est une compagnie de spectacle vivant mélangeant le cirque et la danse, mais aussi l’art graphique. Composée d’une petite bande d’artistes, régisseurs, comptables, compositeurs et plasticiens, la troupe en est à la création de son deuxième spectacle : Un Lys Rouge, Rouge, Noir.

Les spectacles interrogent, ne font pas le choix de sujets faciles, consensuels. Leur mise en forme qui part du visuel, de l’image, permet de parler de sentiments et d’émotions avec une poésie certaine…

 




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J’ai peur des parapluies… C’est leur premier spectacle ! Créé en 2017, on se demande de quoi ça parle…

Marc Brillant, directeur artistique et créateur de la compagnie, s’intéresse de près aux expériences sociologiques, aux analyses transactionnelles. C’est en faisant des recherches qu’il est tombé sur l’expérience du psychologue Solomon Asch, expérience qui démontre le pouvoir du conformisme sur les décisions d’un individu au sein d’un groupe. Marc Brillant souhaitait explorer les rapports solitude-société de manière métaphorique. Le spectacle s’imprègne des univers de Tim Burton ou de Jules Vernes, ce qui renforce son aspect plutôt sombre, mystérieux et questionnant.

J’ai peur des parapluies parle de l’anticonformisme, de l’individu face à une société normée, qui exècre le « différent »…

La compagnie ne se veut pas forcément dénonciatrice, mais plutôt « poseuse » de question, amenant à la réflexion. Un des projets du Quatrième Corollaire est d’ailleurs de travailler en partenariat avec un psychologue pour appuyer ses sujets lors de conférences après les spectacles, pour traiter les sujets avec le plus de profondeur possible. Quoi qu’il en soit, même si les spectacles ne se veulent pas particulièrement dénonciateurs, le fond est toujours primordial.

 

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Marc Brillant, vos spectacles se veulent porteurs et véhiculeurs de l’émotion et du sentiment ; qu’est-ce qui permet cette transmission ?

« Pour moi, c’est une globalité. Je pense que l’équilibre du spectacle se tient dans cette globalité, à partir du moment où il y a de la scénographie, de la lumière, des corps… Même si l’univers global de la pièce, l’univers visuel, prédomine, selon moi. Dans nos spectacles, l’émotion passe par le corps, c’est ce qu’on essaie d’amener : on part d’un univers musical, avec des ambiances, avec des lignes de conduites, puis une lumière qu’on travaille. On ne part pas de la chorégraphie, à l’inverse d’autres metteurs en scène qui partent d’une chorégraphie ».

L’usage de symbole, un peu mais pas trop…

La compagnie essaie de trouver un équilibre entre premier degré et second degré ; il s’agit de ne pas tout cacher non plus. Pour Marc Brillant c’est d’ailleurs une des choses les plus frustrantes dans un spectacle : n’avoir rien compris en sortant. L’aspect métaphorique des spectacles tient dans la volonté de laisser une place à l’imaginaire des spectateurs ; le spectacle est là pour ouvrir une porte sur un sujet.

 

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            Un Lys Rouge, Rouge, Noir…

 

Un Lys Rouge, Rouge, Noir est le prochain spectacle du Quatrième Corollaire ; pourquoi ce nom ?

« Ce nom est un peu personnel et un peu aléatoire (rire). C’est un spectacle qui est sur le couple… Et j’aime bien offrir des fleurs, surtout le lys car c’est la voie royale par excellence. « Rouge, Rouge, Noir », car nous avons trouvé le rythme de la phrase intéressant, que les couleurs prédominantes de la compagnie sont le rouge et le noir, mais surtout car ces deux couleurs représentent une sorte de crescendo, des étapes de l’évolution d’une relation ».

Ce projet qu’est le spectacle Un Lys Rouge, Rouge, Noir, a émergé d’une idée du psychiatre Stephen Karpman : Le triangle de Karpman. Ce triangle met en évidence un scénario relationnel entre victime, persécuteur et sauveur. Dans une relation, une personne se positionne dans l’un des trois rôles et l’autre se positionnera nécessairement dans l’un des deux rôles restants. Un Lys Rouge, Rouge, Noir mettra en scène la violence aussi bien physique que psychologique dans le couple, et la faculté que les personnes ont à se positionner soit en tant que sauveur, persécuteur, ou le plus souvent, en tant que victime de ces violences.

 

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Un Lys Rouge, Rouge, Noir, touche un sujet important…

Idéalement, le spectacle sera suivi d’un concert et d’une conférence, d’une soirée débat d’après-coup. L’idée de la compagnie est d’organiser le spectacle dans des lieux scolaires, pour pouvoir débattre ensuite sur le sujet abordé. Avec Un Lys Rouge, Rouge, Noir, c’est la prévention qui est visée par le débat ; l’important est de parler ouvertement des violences conjugales, de sortir du milieu familial.




Le couple et son déchirement, c’est le thème de ce prochain spectacle ; c’est un thème très important à aborder gestuellement pour vous ?

« Oui, c’est l’un des plus gros défis de la compagnie. Il ne s’agit pas non plus de rentrer dans la caricature métaphorique ; on nous a déjà fait part d’une volonté de représenter encore plus la violence sur scène pour accentuer le premier degré. Le spectacle ne se veut évidemment pas premièrement violent, c’est pour cela que l’on travaille encore sur l’équilibre entre premier et second degré. Le degré de violence représenté dans le spectacle n’est donc pas encore déterminé. Le second grand défi est de représenter cette violence conjugale seul sur scène ; il y aura pas mal de symboles métaphoriques féminins qu’on essaiera d’amener au public de manière assez claire, avec des lâchers de robes par exemple. Malgré le solo, il y a aura beaucoup de représentations visuelles féminines ».

 

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Une immersion dans l’ambiance ça vous dit ?

« On souhaiterait que les spectateurs rentrent dans la salle avec déjà un certain état d’esprit, grâce à des installations qui précéderaient le spectacle. Idéalement, ce serait sous forme de tunnel, qui pourrait mener le spectateur dans une ambiance un peu plus oppressante ».

 

Vous pourrez retrouver le spectacle Un Lys Rouge, Rouge, Noir en France ou au Mexique courant fin 2019, début 2020. Autrement, retrouvez la compagnie Le Quatrième Corollaire le 24 janvier au Théâtre d’Auxerre pour une représentation de leur dernier spectacle J’ai peur des parapluies.

 

Elisa LEVACHER

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