© Paul Rousteau

 

PENDENTIF c’est le projet musical porté par Benoît Lambin, Mathieu Vincent, Thomas Brière et Julia Jean-Baptiste. Dès le début des années 2010, le groupe tire son épingle du jeu avec des chansons mêlant des influences de pop anglo-saxonne et de variété française. Leur premier album, Mafia Douce, vit le jour en 2013, proposant une pop colorée et rayonnante. Puis, c’est début 2018 qu’est sorti leur second album, Vertige Exhaussé, un album aux sonorités dansantes et planantes. À l’occasion de leur concert à La Maroquinerie (Paris) le 16 octobre prochain, Julia Jean-Baptiste a accepté de répondre à nos questions.

Virtige Exhaussé

On dit que vous incarnez la nouvelle vague musicale française, ou bien le renouveau de la pop française au côté d’artistes comme La Femme. Aujourd’hui, le paysage musical francophone est scindé en deux : d’un côté la pop avec Louane ou Vianney, mais aussi le rap, représenté par exemple par Nekfeu ou Orelsan. Ainsi, où pensez-vous qu’est votre place ?

Julia : « On existe depuis 2010, nous avons sorti deux albums et c’est vrai qu’à l’époque du premier, on a vraiment ressenti un renouveau au niveau des influences avec de nouveaux artistes à l’univers teinté de sonorités des années 80. Depuis 2/3 ans, je pense que le sens du mot pop a beaucoup changé, principalement car le rap est devenu plus populaire. On fait de la pop au sens classique du terme, bien qu’à la différence du premier album, on a dans Vertige Exhaussé des sons plus synthétiques. Mais ce qui compte le plus pour nous, c’est la mélodie, et à la différence de la pop, on ne fait pas de la musique narrative. »

Dans vos morceaux, notamment sur votre nouvel album Vertige Exhaussé, on retrouve de nombreuses sonorités proches du travail d’artistes électro comme Flume et plus alternatif comme MGMT. Quels sont véritablement les artistes ou toutes les petites choses qui ont pu vous inspirer pour ce dernier opus ?

Julia : « Nos influences ont pas mal changé par rapport au premier opus. On a beaucoup été influencé par des artistes comme Rhye, et puis par des styles musicaux électro comme la house. L’album a aussi beaucoup prit de la nature car Benoît a déménagé près des Pyrénées, et c’est pourquoi notre nouvel album se base plus, contrairement au précédent, sur des sonorités froides. »

D’ailleurs, les couleurs sont importantes. Tout d’abord le bleu qui semble être le fil conducteur de ce second opus, avec tout d’abord les morceaux Bleu Cobalt et Saphir, mais aussi de nombreuses références à l’eau (avec la chanson En Cascade où l’on perçoit le bruit de la pluie). De plus, vos clips sont particulièrement riches au niveau chromatique, notamment dans le clip Vas-Y Fais-Le Vite avec des superpositions de bleu et de rouge qui donnent au tout un aspect psychédélique, mais aussi avec la pochette de votre album qui est, elle aussi, dans les tons bleus. Comment s’est imposé ce choix ?

Julia : « Notre inspiration vient principalement de la nature. Enfin, l’eau a toujours été présent dans notre travail. Dans Mafia Douce c’était plus autour de l’Océan, puis dans le second album on a voulu remonter à la source d’une certaine façon. Ce choix s’est dessiné petit à petit, naturellement. Et puis la couleur est importante pour nous, Benoît a fait les Beaux Arts donc l’art pictural est important à nos yeux et nous inspire, notamment le mouvement surréaliste ou des artistes comme Van Gogh. La sensation que procure l’image est très intéressante et on voudrait laisser l’auditeur fermer les yeux afin qu’il créé sa propre histoire sur la musique, qu’il suive le cours de l’eau de façon romantique, qu’il prenne le temps de vivre. »

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Vous avez effectué, pour votre album Mafia Douce, une vaste tournée à l’étranger, vous arrêtant notamment en Chine et au Canada. Qu’est ce que ces séjours ont apporté à votre travail ?

Julia : « C’est marrant car en faite, lorsqu’on a fini la tournée, on avait envie de faire des morceaux plus dansant en accélérant le beat afin d’expérimenter un nouveau truc, et de s’amuser encore plus sur scène. Mais finalement, nous avons tout de même rapidement ralenti le beat. Une telle tournée ça soude un groupe, et puis ça enrichi aussi, et pas que musicalement. On a joué dans des endroits improbables, comme dans un festival à 2 heures de Shanghai. C’était un truc de fou, dans la fosse il y avait des gens avec des fumigènes, et puis à la fin du concert il y avait des personnes en grosse veste cloutée qui venaient nous demander des autographes, à nous, le petit groupe français. C’était hors du temps ! »

A travers quelques clips, on ressent la volonté de retourner aux sources via la vidéo, avec une omniprésence de la nature à l’image. Dans le clip du titre l’Originel, s’enchaine une succession d’images de massifs montagneux. Pourquoi ce choix ? Qu’est ce que cela représente pour vous ?

Julia : « Les éléments, ce sont des choses essentiels, c’est ce qui nous apporte beaucoup de bonheur, beaucoup de bien, on redevient les vrais nous-même. On vit tous en ville et c’est important de couper un peu avec nos vies folles. Et puis, la nature nous permet de nous poser et de créer, on s’inspire beaucoup de grands espaces. »

L’aspect musical semble lui aussi très important dans votre travail. Les parties instrumentales sont particulièrement présentes dans vos morceaux, mêlant basse et percussion. D’ailleurs, musicalement parlant, vos morceaux sont très travaillés, permettant de passer d’un tableau à l’autre. En quoi, selon vous, est-ce important ?

Julia : « C’était un choix de mettre la voix au même niveau que les instruments, c’est pourquoi on l’a sous mixé. C’est ce qui différencie, je pense, notre musique de la pop actuelle. On ne veut pas que les histoires prennent le dessus sur les instruments, la musique, c’est très important. Ce style « indé » vient sûrement de nos influences anglaises. Lorsque nous étions plus jeunes, on écoutait des artistes comme les Pixies ou les voix étaient sous mixées, ce qui fait qu’on ne comprenait pas toutes les paroles. On ne fait pas de chanson à chanter, c’est un tout et c’est le parti-pris que l’on a choisi, c’est ce qui rend notre musique moins pop. »

Plages Pop

PENDENTIF sur la scène du Festival Les Plages Pop à Bordeaux. via leur facebook

Dans la chanson l’Au Delà, vous répéter vouloir « perdre le fil ». Est-ce le but de cet album ? De faire perdre le fil au public, le temps de l’écoute ?

Julia : « Oui totalement, nous avions envie que l’album soit une manière de décrocher. Je pense que cet album, il faut l’écouter plusieurs fois. D’ailleurs, nous avons eu beaucoup de retours positifs de personnes l’ayant écouter plusieurs fois. Le but est de lâcher prise et lâcher la sur-analyse de tout. C’est ce qu’on a voulu faire, offrir la possibilité de respirer avant de retourner à la vie réelle. »

Le 16 octobre prochain, vous jouerez sur la scène de la Maroquinerie à Paris, comment s’annonce le show ?

Julia : « Ça va être top ! C’est notre première grosse date de la tournée et c’est aussi notre première date en « tête d’affiche » parisienne, ce qui est d’autant plus important pour nous que toute notre équipe, notamment notre label qui est basé sur Paris, donc tout le monde sera présent et ça va être vraiment cool. En plus, la Maroquinerie c’est vraiment une de mes salles préférées, on voit les gens, l’acoustique est top et l’accueil est génial ! On a aussi cette semaine une date à Bordeaux qui est aussi très importante car une partie du groupe est basée là-bas. »

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Quels sont vos projets pour la suite ?

Julia : « J’ai tout d’abord un projet solo avec le label Entreprise, donc je compose pas mal de chanson en ce moment. Et puis on a commencé à bosser le troisième album, j’espère qu’il sortira plus vite que le dernier, car on avait mis 4 ans à faire ce second opus. PENDENTIF, c’est un projet dans lequel on prend beaucoup de plaisir, on a trouvé une formule qui fonctionne et nous va bien, donc j’espère que ça durera le plus longtemps que possible. »

On vous le souhaite.

 

Retrouvez PENDENTIF le 14 novembre à Grenoble et le 15 novembre à Clermont Ferrand pour la suite de leur tournée d’automne.

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