(c) Spectacle Chicago au Théâtre Mogador

Depuis quelques années, la comédie musicale française se développe fortement, séparant les grosses productions des petits spectacles de théâtres parisiens. Néanmoins, séparer en deux catégories la comédie musicale en France, cela reviendrait à réduire sa richesse en diversité de production. Nous penserions de ce fait à Roméo et Juliette, Mozart l’opéra Rock, 1789 : les Amants de la Bastille, les Dix Commandements de grands classiques et des spectacles de qualités qui ont permis de faire, de la comédie musicale française, un genre populaire à part entière. Un genre reconnu dans de nombreux pays notamment en Chine où de grosses productions (Notre Dame de Paris et Mozart l’opéra Rock) partent en tournée.

Les spectacles musicaux de boulevard

Depuis peu de temps, nous voyons émerger des petits spectacles musicaux de boulevard. Petits par les salles dans lesquelles ils sont joués, mais également par leur cantonnement qui se fait généralement dans un lieu, ne prévoyant pas de tourner en France. Ils sont également plus petits par leur coût par rapport aux spectacles produits au Dôme de Paris ou au Palais des Congrès. Avec l’avènement de ces spectacles, on revient à une forme plus ancienne notamment de l’opérette, (un dérivé de l’opéra et un genre qui est apparût avant la création de la comédie musicale telle que nous la connaissant aujourd’hui.) L’opérette se jouait dans de petites salles à l’italienne. Aujourd’hui, arrivons aussi à une américanisation des productions françaises. Cette américanisation se fait par la localité, car les spectacles ne se déplacent peu voire pas sous l’inspiration des Théâtres de Broadway.

Un retour aux origines

Le premier spectacle que l’on peut considérer comme « appartenant » de la comédie musicale en France est un spectacle pour enfants chanté. Aucunement née en France, la naissance de l’opéra remonte à bien plus loin, en Italie dans la fin du XVIe siècle. Cet opéra italien s’est exporté en France beaucoup plus tard, vers le XVIIIe siècle et a donné place à un genre nommé opérette qui correspond à du théâtre chanté. Ces opérettes se sont exportées à travers l’Europe et qui, grâce à l’immigration des Anglais vers les États-Unis, ont donné naissance à Broadway avec son premier musical comedy, The Black Crook en 1866. C’est beaucoup plus tard, que la comédie musicale s’est installée en France et le premier spectacle du genre, grand public, serait pour beaucoup : Starmania.



Une fin ?

Après les productions de Bodyguard et Jésus de Nazareth à Jérusalem au Palais des sports, nous ne retrouvons plus de grands spectacles (en terme de production) de ce type, mais seulement des revivals comme Notre Dame de Paris. Est-ce la fin des grandes productions de comédies musicales au Dôme de Paris et au Palais des Congrès ? Arrive-t-on dans une nouvelle ère de la comédie musicale française ?
Ce changement rend la comédie musicale hexagonale moins populaire et s’adressant plus directement à une élite. Les têtes d’affiche sont de moins en moins présentes, de ce fait par l’apparition d’un réseau de formation. Ce réseau est permis avec le développement des écoles de comédies musicales et de formations (AICOM, Studio international Vanina Mareschal, cours Florent…) à Paris mais également en province, comme à Lyon. Cependant, il faut connaître cet univers et le suivre pour en être informé. Malgré que les spectacles arrivent à une qualité supérieure et incomparable, la comédie musicale se perd, car elle reste dans un côté élitiste et peu accessible en restant concentrée sur Paris.

On rêve de la comédie musicale, mais on ne la voit pas.

Un avis mitigé

L’avis se fait mitigé entre ce côté de plus en plus élitiste de la comédie musicale en France et cette chance d’avoir des spectacles venant de Londres. Le théâtre Mogador et Stage Entertainement nous offrent cette occasion d’apprécier Cats comme Andrew Loydd Webber l’avait imaginé et Le Roi Lion dans une adaptation proche de sa création originale. De plus, une nouvelle scène s’est créée permettant aux comédies musicales qui font des tournées internationales de s’installer, comme La seine musicale à Boulogne-Billancourt. En octobre 2019, Mamma Mia en anglais surtitré français va être joué, succédant à l’incroyable West Side Story qui y a fait un passage.
Attendons de voir comment la comédie musicale française va évoluer durant ces deux prochaines années. Cependant, avec cette suppression du crédit d’impôt de 15 % pouvant aller jusqu’à 30 % concernant les plus petites entreprises, cette mesure va amener la comédie musicale à se faire moins présente sur le territoire. La fin du crédit d’impôt pour les spectacles dit « populaires » concerne les comédies musicales et les spectacles d’humour. Il aidait à la création, en permettant une baisse du coût du spectacle.

Laura Henicker

 

YOUR MAGAZINE, Le Cercle Hypatie, L’Art Régnait, le Cinéma LUX et l’Université de Caen vous convient, demain, 31 janvier, à une conférence autour de la comédie musicale avec 3 invité.es d’exceptions. Après avoir été la voix française de la princesse Raiponce, Maëva Méline sera présente demain accompagnée de l’acteur et compositeur Julian Salvia, et, la voix française dans multiples films tel que Big Mama 3, Black Swan et d’autres : Dolly Vanden. Cette conférence à 18h30, sera suivie de la projection du film Hair à 20h, et ce, toujours l’Amphi Daure. 

Collaborateur

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