A l’aube de sa vie, Raoul Fernandez était un jeune homme vivant à El Transito, petite ville d’El Salvador en Amérique Centrale. Aujourd’hui, c’est un artiste comédien, chanteur qui a connu un destin exceptionnel. Ce parcours, il nous le raconte sur la scène de la Comédie de Caen dans Portrait de Raoul de Philippe Minyana et mis en scène par Marcial Di Fonzo Bo.

Raoul Fernandez

Première pierre d’un projet de portraits « vivants » initié par la Comédie de Caen. La pièce se présente comme une confession-monologue face au public durant 1 heure où Raoul nous raconte son parcours. Dès sa première apparition, il surgit sur scène portant de très nombreux sacs de tissus et de costumes. Des étoffes étant images d’une vie avec ses peines, ses joies et ses rencontres fondatrices.

Pour autant avec Raoul pas de place au drame excessif : les coups qu’a pu lui donner la vie, il les raconte avec justesse, et c’est toujours pour mieux les mettre de côté et privilégier les moments de joie et d’éclat. C’est là, une des grandes forces de ce portrait : Raoul est lumineux et profondément humain. Cette humanité, il la propage jusqu’aux rangs du public pour nous emporter dans cette aventure des rues d’El Transito jusqu’aux coulisses des folles nuits parisiennes.

C’est par le tissu que Raoul débute cette grande aventure. Sa mère – Mama Betty – lui donne le goût de la couture, et très vite il rêve d’aller à Paris. Salvador, c’est son berceau natal qui lui donnera ce goût de vivre, et l’occasion de confectionner des robes pour la fête de la Sainte Vierge. Mais la ville-lumière sera l’endroit des opportunités et du début d’une vie artistique bouillonnante.

Une vie qui le verra arriver costumier en coulisses, puis peu à peu comédien sur la scène, avant de venir devant nous, rejouer sa vie. Raoul le dit lui-même : « il a eu de la chance, celle de croiser la route d’artistes, de « fous », comme il aime le répéter.

Copi lui permet d’avoir une première révélation, celle sur son identité. Une perruque blonde sur sa tête réveille la femme en lui qui sommeillait. Ce questionnement sur son identité n’est pas anodin : il l’évoque très rapidement avec sa naissance où ses parents désiraient une fille après le décès de leurs deux premiers garçons. Artistiquement, il croisera également la route de Stanislas Nordey qui sera le premier à lui proposer de devenir acteur et de fouler les planches du Théâtre Gérard Philippe.

Raoul Fernandez et Marcial Di Fonzo Bo

À Paris, Raoul fera également la connaissance de Marcial di Fonzo Bo : rencontre qui permettra la création de ce portrait intimiste. Ce lien entre l’acteur et le metteur en scène est visible directement sur scène : Raoul s’approprie l’espace en quelques secondes et se sert des tissus et costumes pour raconter ses tranches de vie : tantôt avec une chute de tissu pour se remémorer une rencontre, tantôt vêtue d’une robe noire scintillante pour se muer en chanteur, un autre de ses talents.

C’est sans doute pour cette raison qu’on est immédiatement charmé par l’humanité de son récit,  il ne nous le dit pas : il le chante, le danse, le crie, le susurre, le vit.

Si l’envie vous prend de vous plonger pendant une heure dans l’univers tendre et fou de Raoul, il reste encore des places pour la représentation de ce soir à 18h00 en cliquant sur ce lien : https://www.billetterie-legie.com/comediedecaen/?rep_id=2419

Crédits photos : Jean Louis Fernandez

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