Entre deux concerts à Cabourg, Mon Amour, je me suis posé aux côtés d’Yseult, cette artiste qui n’a définitivement plus rien à prouver. Yseult, c’est un petit peu comme une grande sœur, c’est un peu comme une amie de longue date, on ne sait plus vraiment si on doit la tutoyer ou la vouvoyer. Yseult ne nous est aucunement étrangère. On a l’impression de la connaître depuis longtemps. Artiste humaine, sincère et crue, Yseult peut aujourd’hui montrer qui elle est, se montrer, tout simplement. Une « made by herself », Yseult a conscience de sa condition en tant qu’artiste noire. Dans ces quelques lignes, elle parlera de sa reconstruction en tant qu’artiste indépendante qui peut enfin s’autodiriger. Plus de filtres imposés par autrui, seuls le rouge et le noir dominent. Aux heures où la liberté de s’exprimer est sous contrôle, Yseult ébranle et bouleverse au-delà des conventions. Dans cette interview qu’elle nous a accordé, et nous l’a remercierons encore et encore, Yseult a beaucoup souri, elle a énormément ri. Complètement disposée à répondre à toutes mes questions, Yseult s’est ouverte à la rédaction avant la sortie imminente de « Noir », le 4 septembre prochain.

Bonjour YSEULT, comment allez-vous ?

Salut, je vais super bien, il fait super beau.

Aujourd’hui on n’a plus besoin de vous présenter. Tu es ce nouvel élément qui participe à cette nouvelle façade de la pop française…

Merci !

…vous multipliez cet été les concerts, et êtes une artiste émergente qui n’a pas vraiment la langue dans sa poche que ce soit en live Instagram ou sur chacun de ses tweets. (elle rit) Vous avez sorti le 28 juin dernier votre premier EP « Rouge », et l’avez performé pour la première fois au festival Cabourg, Mon Amour. Comment vous êtes vous sentie après avoir présenté ce premier bijou au public ?

Je me suis sentie apaisée et super contente, super heureuse de pouvoir enfin le présenter. J’ai mis beaucoup d’énergie et de sincérité pour sortir et mettre à bien ce petit EP. En ce moment, je me sens hyper bien parce que je bosse avec des équipes de fou qui sont hyper à l’écoute, et ça fait du bien de bosser et de sortir des projets dans de bonnes conditions. C’est important.

Yseult sur la scène de Cabourg, Mon Amour. (c) Margaux MOUY pour YOUR MAGAZINE

On a (re)découvert Yseult il y a quelques mois avec la sortie du single « Rien à prouver », pourquoi avez-vous choisi ce titre-là, pour marquer votre retour sur la scène musicale ?

J’avoue que sur « Rien à prouver », ce qui m’a surtout fait du bien, c’était de sortir de ma zone de confort. Je voulais prendre des risques sur pas mal de choses. Que ce soit sur mon corps, ma couleur de peau, que ce soit, ma musique et mon texte. Il fallait absolument que je sois maître de ce texte et de ce projet, ce que je n’ai pas eu la chance de faire sur mon premier album. Pour moi, il était vraiment important d’arriver avec un projet où j’ai la main sur tout, de A à Z. Et j’allais dire « tu vois » (elle rit), Vous voyez – Là, je suis grave contente de revenir avec quelque chose qui me ressemble. Je bosse avec des gens formidables, que ce soit des beatmakers comme Twenty9, que ce soit un mixeur qui a tout juste 22 ans et qui s’appelle Benjamin Lemoine, que ce soit mon équipe de distribution, que ce soit mon éditeur… enfin bref, tout le monde ! Même mon tourneur qui me suit depuis 2014

Ah oui ça remonte !

Ça remonte de ouf. Il m’a quand même attendu, il m’a laissé dans mon silence, et il m’a surtout laissé le temps de revenir avec un projet beaucoup plus fort et beaucoup plus personnel. Je suis grave contente enfaite qu’on me laisse cette liberté là aujourd’hui. Je me sens libre et apaisée dans ce que je fais. Il n’y pas de filtres, et ni de faux semblants.

On ressent effectivement cet apaisement intérieur. Yseult, vous êtes aujourd’hui une artiste incontournable. Depuis Décembre 2018, vous figurez dans quasi l’intégralité de nos TOP du Mois.

Merci

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C’est le cas pour votre dernier titre « Diego ». Quel-s élément-s vous a/ont inspiré pour ce titre ?

Je voulais un EP qui soit une sorte de summer pack de 3 titres. Un 3 titres hyper léger qui montre ma personnalité sans chichi avec quelque chose d’hyper frais et rafraichissant qui rassemble les gens. Même si j’ai une personnalité qui parait un peu sombre, très deep, j’ai quand même une once d’espoir et de joie. Je me suis alors dis qu’avant d’enchaîner avec quelque chose de plus « rentre dedans », je devais faire couler juste un p’tit truc de moi, pour pas que les gens disent : « Ouais, t’es une crevarde (rire) ». C’était hyper important pour moi de sortir un petit EP. Même esthétiquement, je sens que je commence à marquer mon délire avec la couleur rouge… Même l’artwork de la pochette est hyper fun. On a fait ça jusqu’à 3h du matin. C’est une photo que j’ai prise avec mon iPhone sur un shooting photo, et je l’ai envoyé à un fan qui est au Cameroun. J’étais en panique et j’ai demandé dans ma storie qui était chaud pour me faire ma cover avant 11h le lendemain, et il m’a dit qu’il kiffait ma musique et m’a fait ça rapidement depuis le Cameroun et nous l’a renvoyé.

Pochette de l’EP « Rouge ».

 

C’est le résultat qui était attendu ?

Honnêtement, ouais ! La cover déboîte (éclats de rire) ! Non en vrai c’est trop de taff, je suis hyper contente. Quand je vois quelque chose qui sort, qui est bien mixé, bien masterisé et qu’il y a une cohérence esthétique, ça me fait méga plaisir. Je trouve que c’est ultra important. On fait de la musique, mais je pense qu’il faut une réelle cohérence au niveau de l’esthétisme. Rien que de raconter cette petite anecdote, moi ça me rend ultra heureuse.

On ressent effectivement à travers le titre, la couleur choisie etc que le rouge domine bel et bien. Votre futur projet s’appellera quant à lui « Noir ». Rouge, noir, sont les couleurs qui dominent sur vos réseaux sociaux…

Beaucoup. On va dire que ce sont les deux facettes de ma personnalité. Je suis une personne hyper passionnée, et je prends à cœur tout ce qui m’arrive. Je n’ai pas eu une éducation dans l’amour, mais je suis une hyper passionnée, alors il fallait que je sorte quelque chose de frais et léger avec un mini pourcentage de moi, et ensuite basculer dans un autre univers où je vous balance 99% DE MON CORPS (rire) – c’est là qu’il y a le côté le plus noir.

On a tourné le clip à Amsterdam, ça sort le 4 septembre. Je ne sais pas s’il y aura un album. Pour l’instant je me tape des barres à sortir des EPs alors que je ne voulais pas en sortir de base. C’est une bonne amie à moi qui me l’a conseillé…

Pourquoi ne vouliez-vous pas sortir d’EPs ?

J’aime les « titre par titre ». J’aime balancer une track comme ça à 2h du mat’ sans forcément de promos ou de grands budgets. J’aime cette idée où je balance juste un titre. En réalité, les gens écoutent peu d’albums à moins qu’ils soient vraiment *******. Les seuls albums que j’ai vraiment écouté en entier, c’est genre Solange, Kanye West… Là t’es vraiment dans un mood. En France, écouter un album entier… ^_^. J’aime ce concept – tu sors un titre, ça prend, ça prend pas… T’en sors un second, puis tu sors un clip, puis on te voit en feat là-bas, avec Claire Laffut, puis avec Lord Esperanza, puis sur l’album de Dinos, puis PLK, puis t’écris pour Jenifer, puis pour Yannick Noah ! Tu vois, j’aime ce délire où je ne m’emprisonne pas à sortir un single, puis une promo, puis un album, puis BAM, ça se foire.

Tu aimes travailler au feeling en quelque sorte, par passion,

de ouf. J’ai juste envie de faire ma musique. Là j’ai pris un gros risque au niveau du clip qui va sortir le 4 septembre. (rires). Ça va être choquant ahah, mais ça va être trop bien. Que ce soit au niveau de mon corps, de mes courbes, ‘fin.. Il y aura beaucoup de peaux, il y aura du bondage, ça va être trop beau. On va casser les codes un peu.

En parlant de « Noir », vous évoquiez le fait qu’il parlera de vous, de ce que côté très sombre de vous, de votre histoire, de votre famille. Est-ce que d’autres thèmes seront évoqués dans cet album ?

Est-ce qu’il y aura d’autres thèmes évoqués dans l’album ?

Ou est-ce que cela représente déjà une grande partie de ce que vous souhaitez partager ?

Cela représente une mini partie. (elle réfléchit)

Sur « Rien à prouver », je voulais surtout un titre qui retrace un peu ce que j’ai vécu, ce que l’on m’a fait subir, et je voulais juste sortir un travail en mood, « Voilà maintenant je suis comme ça ! ». Avec « Noir », c’est toujours autant personnel, mais on rentre beaucoup plus dans les détails. « Rien à prouver », c’était surtout de la surface. Sur « Noir », on enfonce un petit clou. Il y a d’autres titres qui vont arriver qui sont dans la même lignée que « Rien à prouver » et de « Noir », qui vont… En fait, si je fais un album, il va s’appeler « Rouge », mais je sais que le contenu ne sera pas le côté rouge, mais vraiment le côté noir. J’ai besoin de raconter mon histoire…

…qui vous êtes…

Ouais !

Parmi les concerts qui approchent à grand pas, il y a le 27 novembre et ce fameux Trianon que vous rappelez sans cesse… Que va-t-il se passer ce soir-là ?

Déjà je sais que je vais pleurer, je sais que ça va être trop beau. Ce sera mon premier Trianon. Je ne sais pas si je vais remplir, je ne sais pas… et même s’il n’y a que 10 personnes, je vais être en mode : « P*tain, merci d’être là » et je serai en larme, et je dirai « On refait un Trianon l’année prochaine et peut-être qu’on sera 20 » (rires). Il y aura peut-être des invités, il y aura une grande scénographie. Ça va être trop stylé !

Ça tease, ça tease !!

(rires)

Avant de se quitter, auriez-vous quelque chose à partager ?

Je remercie énormément le public car ça fait ultra longtemps que je n’avais rien sorti, que j’étais dans ma solitude et dans mon silence… Et c’est un cadeau de fou, car lorsqu’on se met dans un silence, peu ont la chance d’avoir un public qui suit encore… 2014, 2015, 2016, 2017, 2018, 2019, et on arrive en 2020, donc merci beaucoup !!

Après, si je devais me dire un message : « Putain meuf tu es ultra courageuse, et je te kiffe, et je suis trop fière de toi. Travailles encore plus » (même si c’est très compliquée, car je dois taffer plus que les autres). Je suis trop fière de moi. Je suis trop fière de ce que j’entreprends, c’est paaaaas, ahah… Gérer une entreprise, un label, une équipe… Je suis trop fière de moi !

Vous pouvez l’être, merci Yseult !

Merci à vous.

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Stanley TORVIC
Fondateur et le rédacteur en chef de YOUR MAGAZINE. J’ai 20 ans et je suis en 3eme année de licence Arts du spectacle option Théâtre à l’Université de Caen. Entre le magazine et mes cours, je suis membre du bureau et du conseil d'administration de l'association caennaise Radio Phénix. Passionné par les arts et la culture, j’ai fondé YOUR MAGAZINE afin de rendre accessible la lecture et les arts aux jeunes désavantagés.

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