En pleine tournée sur les routes de France pour son dernier EP «Rythmes & Botaniques», le temps manquait à Gaël Faye pour une rencontre avec YOUR MAGAZINE. Sans rancœur aucune, ce n’est que partie remise ! Après avoir été subjugué par son live à l’occasion de son passage au Big Band Café à Caen, l’envie de présenter (ou représenter) ce maestro à la plume enchanteresse est d’autant plus de mise.

Franco-Rwandais ayant grandit au Burundi, Gaël Faye est à l’image de la richesse de ses origines. Il cultive les talents pour l’écriture, au travers de la littérature, du slam, de la poésie et du rap. Son premier roman Petit Pays, Prix Goncourt des lycéens en 2016, l’a mis sur le devant de la scène. Racontée par les mots et les yeux de Gabriel, l’enfance du narrateur qui fait les 400 coups dans les faubourgs de Bujumbura nous plonge avec délicatesse dans le quotidien du Burundi, jusqu’à l’arrivée de la guerre civile. Récit poignant et profondément touchant, inspiré de la jeunesse de l’auteur, «Petit Pays» est également le titre d’une chanson de son album Pili Pili sur un croissant au beurre.

 

« Petit pays : te faire sourire sera ma rédemption
Je t’offrirai ma vie, à commencer par cette chanson »

 

La maîtrise des mots de Gaël Faye est une invitation au voyage pour celui qui l’écoute ou le lit. Se laisser imprégner de ses textes, c’est accepter que son esprit divague au rythme des paysages et du quotidien raconté. « Paris Métèque », parmi d’autres, est une ode gracieuse et grandiose à la ville de Paris : « On écrit pas de poème à une ville qui en est un. » L’absurdité du mode de vie occidental, le pouvoir des rêves et le plaisir de l’ennui sont contés avec brio sous la plume du poète. «Est-ce qu’il y a des rêveurs dans la salle ?» interroge celui qui fut employé pour un fond d’investissement à Londres avant de se consacrer à sa passion pour la musique et l’écriture. Véritable invitation à prendre le temps de s’ennuyer, d’écouter, de rêver et de s’obstiner, Gaël Faye nous transporte au dessus de notre quotidien.

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© Chris Schwagga

Profondément imprégné de culture hip-hop, c’est d’abord avec Edgar Sekloka et leur groupe Milk Coffee & Sugar qu’il se fait connaître à la fin des années 2000. Il se tourne ensuite vers une carrière solo qui conduira à la sortie de l’album Pili pili sur un croissant au beurre en 2013, réalisé par le pianiste Guillaume Poncelet, qui l’accompagne sur scène aujourd’hui encore. Son dernier EP, Rythmes & Botaniques, est à l’image de son talent : des textes profonds et touchants, qui alternent entre révolte et amour. Sa prestance sur scène et l’émotion qu’il partage avec force lui valent le prix de « Révélation scène de l’année » aux Victoires de la musique 2018. Si l’occasion de le voir en concert s’offre à vous, foncez. Vous allez rêver, danser, frissonner et peut-être même avoir la larme à l’œil.

Pour finir, le texte et l’instru puissants du titre »Irruption », qui résonne très régulièrement depuis les enceintes de ma chaîne Hi-Fi.

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