[CRITIQUE] Eddy de Pretto découvert sur la scène du Printemps de Bourges, en première partie de Julien Doré à l’Accord Arena ou encore sur la scène des Victoires de la Musique ; est le nouvel artiste tendance de la chanson française. Aimé et critiqué pour son style vestimentaire atypique ou ses prestations scéniques pures et à la fois sans mot, il se glisse aujourd’hui avec ses textes et son univers dans les charts. Repéré par les critiques avec son premier EP Kid en octobre 2017, il confirme sa montée avec un tout premier album nommé Cure chez Universal Music sorti le 2 mars dernier.

Avec un total de 15 pistes, Cure est un album qui s’écoute le plus simplement et naturellement. Possédant une esthétique mitigée entre la chanson classique et le rap, Eddy de Pretto peut être vu comme le porteur d’un nouveau souffle sur la chanson française. Un mini Stromae pour certains, un futur grand artiste pour d’autres, je confirme. Il refonde à sa manière l’esthétique de la musique en langue francophone et ça fait du bien. Loin des aboiements de certains rappeurs et du lyrisme de Marina Kaye, Eddy de Pretto enlève les barrières entre ces deux genres musicaux pour nous créer des titres hybrides. L’enfant Normal de la Banlieue qui cogne et qui rêvait d’ailleurs est aujourd’hui bien placé pour un avenir désiré. Déjà classé à la 25eme place le 7 mars 2018 avec Fête de trop dans le TOP 50 en France sur Spotify, les Début s du jeune garçon sont radieux et enviables.

Celui qui fera vibrer bien Desmurs en France, Belgique et Suisse cette année avec une tournée de concerts et festivals dont celui de Beauregard le 7 juillet prochain au côté de Nekfeu ou Julien Clerc ; est également celui qui partage sa musique à cœur ouvert.

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pour Modzik Magazine

Tu seras viril mon kid.

Un album « sans pudeur » et qui peut « mettre un peu le malaise » disait-il en interview à Fabien Randanne pour 20 Minutes. Ces titres sont sincères et prennent les tripes. Sensibilisé à la question des genres, lui qui préférait jouer à la poupée que tirer dans une balle sur le gazon a dans son album lancé un cri. Pas bien plus de 3 titres : Genre, Normal ou encore Kid sont consacrés à la question des genres, du corps masculin ou encore de la sexualité et de l’homophobie. Ses inspirations, il les prend chez David Bowie, Frank Ocean ou encore Freddy Mercury confit-il à TÊTU. Son corps tout sec, il le revendique et en fait une fierté à l’heure où la stigmatisation est encore bien présente. Une ode à la diversité ou une condamnation de ces stéréotypes, celui qui écoute Eddy de Pretto ne peut qu’être changé. Macho, tu ne seras plus.

Que retenir finalement de cet artiste ? Une voix au service du rap et du classique, un style atypique entre le vieux et le moderne, une musique rythmée, engagée, personnelle. Eddy de Pretto, ce nouveau kid de la musique française est un peu tout ça. L’enfant de la banlieue parisienne est allé chercher dans son intime de quoi ébranler les gens et il le fait sans gants.

Audacieux, il est. Grand, il le sera.

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