Après de nombreuses périodes en eaux troubles, le pays Outre-Manche semble avoir sorti la tête de l’eau et l’avenir de cette équipe parait de bonne augure particulièrement en raison de sa jeunesse. Sa défaite contre la Croatie (1-2 après prolongation) en demi-finale de la Coupe du monde, la prive d’une place en finale mais lui permet néanmoins de disputer un dernier match contre la Belgique, l’autre équipe ayant perdu en demi-finale, afin de déterminer qui terminera troisième de cette compétition. Le coup d’envoi de cette petite finale sera donné ce samedi à 16 heures.

Ce mercredi, les « Tree Lions », surnom donné aux footballeurs anglais, ont été éliminés de la compétition ; une défaite qui « fait très mal » selon les mots employés par Harry KANE, le capitaine de cette sélection. Comme il l’a confié à l’Agence France Presse après la déconvenue face à la Croatie : « Cela a été un super parcours, on est allés plus loin que personne ne l’imaginait. C’est génial d’être arrivé si loin et nous savons que nous avons rendu tout le monde fier. »

À 28 ans tout juste, le milieu de Liverpool Jordan HENDERSON est l’un des cadres et des joueurs les plus expérimentés de la sélection aux Trois Lions, plus que les hommes forts parmi lesquels l’actuel meilleur buteur du tournoi Harry KANE, Kieran TRIPPIER, Dele ALLI ou encore le gardien Jordan PICKFORD. La jeunesse a d’ailleurs été la faiblesse des Anglais face aux hargneux croates, qui disputeront la première finale de leur histoire face à la France dimanche.

37829001292_716e1ee5f5_o.jpg
Dele ALLI et Harry KANE, deux des mondialistes anglais ici avec leur club, Tottenham.

Mais c’est aussi un grand motif d’optimisme: « il y a des joueurs fantastiques qui arrivent, c’est un moment très excitant pour le football anglais », expliquait le natif de Sunderland mardi. « J’espère qu’ils vont continuer à grandir, à apprendre, et à le faire au plus haut niveau des Coupes du monde et des championnats d’Europe pour gagner quelques trophées en route ».

Les trophées, autres qu’une éventuelle troisième place honorifique que les hommes de Gareth SOUTHGATE disputeront samedi à la Belgique, attendront. Mais la sélection anglaise a retrouvé une place dans le cœur de ses supporters, et ça aussi, c’est déjà une victoire.

Deux ans en arrière en effet, les Anglais étaient la risée du monde entier, y compris chez eux, après leur élimination dès les huitièmes de finale de l’Euro 2016, concédée à des Islandais bizuths en compétition majeure.

Éric DIER, joueur de Tottenham également du voyage en Russie avait expliqué lundi : « Après l’Islande, on savait qu’il fallait changer des trucs. On savait qu’on ne pouvait plus laisser cela se reproduire. On a appris de nos erreurs, on a corrigé les choses et on a vu comment le pays était derrière nous. »

Le pays est aussi devenu fan du sélectionneur Gareth SOUTHGATE, pourtant second choix arrivé dans le scepticisme le plus total, notamment vu son maigre passé en tant que coach (trois saisons à Middlesbrough puis trois comme sélectionneur de l’Angleterre Espoirs, soit les joueurs ayant moins de 21 ans). En plus de cela, comme le relate l’AFP, il avait raté un tir au but contre l’Allemagne à l’Euro 1996, privant sa sélection d’une finale.

Mais son management humain, son côté « gentleman », son élégance aussi, avec ce gilet devenu accessoire indispensable des supporters (qui pourrait par ailleurs faire son entrée au musée de Londres) ainsi que ses résultats ont conquis une bonne partie de l’Angleterre.

42933815601_5efaf917ea_o.jpg
Gareth SOUTHGADE et son fameux gilet lors de la Coupe du Monde de la FIFA 2018™ en Russie

« Il a beaucoup d’empathie, il s’exprime clairement, il a une forte intelligence émotionnelle et il comprend très bien comment rester connecté avec les joueurs et tirer le meilleur de son équipe – et de son staff » jugeait début juillet le directeur technique de la Fédération anglaise Dan ASHWORTH.

« On a réussi quelques morceaux d’histoire, en ayant le record de la plus large victoire dans un tournoi pour l’Angleterre (6-1 contre le Panama, NDLR*), la première victoire en match à élimination directe depuis 10 ans (12, en réalité, NDLR*), notre première victoire en quart de finale depuis encore plus longtemps… On se concentre sur la possibilité de continuer à briser ces barrières », expliquait le technicien de 47 ans avant le match contre la Croatie.

SOUTHGATE n’est que le troisième sélectionneur à atteindre les demi-finales avec l’Angleterre, après 1966, date du seul sacre des Trois Lions, et 1990. Depuis son arrivée, « le plus grand changement est qu’on a une identité et qu’on joue d’une manière confortable pour nous en tant qu’équipe », a encore exposé Jordan HENDERSON. Il a ensuite poursuivit en confiant qu’il pensait que c’était l’équipe anglaise la plus solidaire dans laquelle il ait joué. « Ça fait une différence de taille et on est récompensé de ça ».

À court terme, cette récompense pourrait se matérialiser dès ce samedi par une troisième place à ce mondial en gagnant la petite finale, puisque les anglais affronteront les belges à 16 heures pour ce match déterminant la nation qui complétera le podium aux côtés de la France et de la Croatie.

[Belgique- Angleterre match à voir dès 16 heures sur TF1 ou BeIn Sport].

*NDLR: Note De la Rédaction, ici faites par l’Agence France Presse (AFP).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *