Sylvain, Camille et Ludivine sont originaires de Lille et forment, depuis 6 ans, le groupe Vertigo. Ils produisent une musique indie pop ou presque pop comme ils peuvent la qualifier. Le côté vintage, qu’elle possède, ne lui empêche aucunement d’être ancré dans le présent puisque, parmi la dimension rétro, des sonorités actuelles transparaissent formant parfois des mélodies proche d’univers qu’il est possible d’assimiler à celui du jeu vidéo voire à quelque chose de fantastique.

IMAGE GROUPE VERTIGO  De gauche à droite, Sylvain, Camille et Ludivine, le groupe Vertigo.  © Nico Djavanshir

Pour savoir au mieux, à quoi ressemble cet univertigo, vous pouvez écouter leur musique : sur Bandcamp, il vous suffit de cliquer sur le « ici » ou alors sur YouTube en cliquant sur le « là » et même sur les plateformes de streaming Deezer, Spotify etc … Quant au téléchargement de leurs EPs, certains sont en prix libre et d’autres gratuit sur Bandcamp.

Pour en savoir plus sur ce groupe, nous sommes allés à leur rencontre dans un coin de verdure en pleine ville. À Caen, en Normandie, interview sur les bords de l’Orne avec (par ordre d’apparition) Ludivine, Sylvain et Camille, c’est à écouter en cliquant sur le lien en-dessous :

Ou à lire, par ici :

Vous formez le groupe Vertigo et quand on regarde la description sur votre site, il y a une origine, un morceau de clavecin de Pancrace Royer [cliquer ici pour l’écouter]. C’est un morceau que vous qualifiez de punk, Ludivine, tu peux présenter ce morceau ? 

Ludivine : Oui c’est moi qui l’avait fait écouter à une soirée où on se faisait écouter de la musique tous ensemble. J’avais fait écouter ce morceau qui s’appelle Le Vertigo de Pancrace Royer donc c’est un morceau de clavecin, il est assez incroyable, il part dans tous les sens. C’est un morceau au clavecin, punk on va dire, très surprenant et puis ça nous avait tous un peu marqué. C’était au moment où on cherchait un nom de groupe donc on est parti là-dessus.

En parlant de nom, Vertigo c’est aussi le titre original du film Sueurs Froides d’Alfred Hitchcock. Qu’est-ce que votre musique a de cinématographique ?

Sylvain: On n’est pas forcément influencé par le cinéma mais c’est vrai que nos morceaux, la façon dont ils sont présentés en live, on arrive facilement à avoir des images qui arrivent en tête de par les ambiances sonores qu’on essaye de recréer. On a déjà joué aussi avec des artistes plasticiens qui animaient derrière nous des images pour mettre une image sur la musique et créer un univers sonore et visuel. Quelque chose qui vient se mêler pour ne pas qu’il y ait uniquement la musique en scène mais tout une ambiance générale.

Comment ça se passe au niveau de la création : vous vous concertez tous pour essayer d’avoir d’abord une image ou alors est-ce qu’il y a premièrement un rythme ou une mélodie qui vous arrive, et après, la musique se constitue entièrement ?

Ludivine : En général, on s’enferme dans notre petite cave lilloise où on répète et on boeuf, et puis il y a des idées qui sortent, il y a des mots qui arrivent par Camille ( au chant) sans qu’il y ait de texte figé dès le départ. À chaque fois ça part dans des morceaux, plus ou moins rythmé ou planant en fonction des saisons, en fonction de notre humeur. On fonctionne vraiment sur l’instant, quand les morceaux débarquent, en général c’est qu’il y a une bonne idée qui est arrivée puis on la garde et à partir de là, on va la travailler puis ça va venir un vrai morceau par la suite.

Un de vos morceaux s’appelle 221B Kovey Street, dedans il y a des bruits de klaxon et de personnes qui parlent. Comment est-ce que vous avez conçu ce morceau ? 

Camille: Ce morceau, on l’avait avant, on l’avait travaillé d’une certaine manière et au moment de l’enregistrement et de la construction de l’EP, on s’est dit que ça pourrait être amusant de mettre une petite ambiance comme le morceau est un petit peu sautillant, il a un petit côté urbain et amusant. Du coup, cette ambiance sonore mettait tout de suite l’auditeur dans une certaine image du morceau et on trouvait amusant de faire ça.

logo site vertigo
Pochette EP On the shore ©Vertigo

Le côté urbain, le côté assez naturel, environnement, est présent visuellement à travers vos pochettes d’EP, dans trois d’entre eux ( L’EP 4 titres, On The Shore et Like a Piston in Your Head) on retrouve des images de plantes. Dans votre création, dans vos inspirations ou dans votre groupe, où se trouve la part de nature, de naturel ?

Camille : Alors, c’est un peu une petite parenthèse mais je travaille dans les plantes (rire) donc j’aime beaucoup ça ! Je pense qu’il y a des échos entre la musique que l’on fait et quelque chose d’assez organique qui est lié à la nature à ce qui pousse aussi, aux choses étranges qui poussent. Les univers musicaux sont aussi très diversifié. C’est pour ça qu’on a à la fois des champignons ou des fonds marins étranges, un peu extraordinaires sur des EPs. Et oui, il y a une parenté entre la musique et la surprise du monde vivant (sourire).

Sylvain : C’est amusant parce qu’on est tous les trois citadins, on habite en pleine ville. Quelques fois on est parti à la campagne avec tout notre matos, on nous prêtait une maison à la campagne et on écrivait plein de morceaux. Souvent dans ces sessions là il y a des morceaux qui en ressortent qu’on garde, qu’on aime beaucoup, qu’on sort sur des disques. Ce n’est pas nous qui faisons les pochettes, à chaque fois on donne carte blanche, à deux artistes, en l’occurrence féminines, et à chaque fois ça leur inspire des mouvements végétaux, quelque chose de très organique alors que l’on est vraiment citadin, c’est amusant ce contraste ! Donc, on est citadins mais on préférerait vachement habiter à la campagne, sauf que si on habitait là-ba, on ne ferait pas la musique que l’on fait. On continue de la faire comme ça et de temps en temps partir pour ce ressourcer, pour avoir une autre oreille ; sur le moment on a une étendue d’arbre ou alors on va se faire une balade et du coup, par exemple, il y a un oiseau qui siffle qui va nous donner une mélodie (rire), ce n’est jamais arrivé mais on peut toujours espérer (sourire).

IMAGE Like a PISTON IN YOUR HEAD
Pochette EP Like A Piston In Your Head © Vertigo

Camille, toi qui parlais d’univers marin ; sur la pochette de votre EP Like A Piston In Your Head [trad : Comme un piston dans votre tête] (ndlr : sorti en juin 2014) on est dans les fonds marins, on voit une image de fonds marin, on voit des coraux avec la faune et la flore qu’il y a dedans. En plein milieu de cette image, on voit un avion, un avion qui, logiquement, va dans les airs sauf que là, il est dans l’eau. En quoi est-ce que cette image correspond à votre groupe, à votre musique ?

Camille : Je pense que c’est le côté inattendu de cet engin dans l’eau.

Ludivine : Au-dessus de l’avion, d’ailleurs, il y a des pistons.  En fait, c’est carrément psyché quoi ! (sourire)

Dans cette idée de piston, de présence, de martellements vis-à-vis de la tête, des esprits. Est-ce que ça fait partir de votre vision ou de vos objectifs de concevoir de la musique pour qu’elle reste dans la tête des personnes ?

Camille : C’est pas vraiment comme ça que ça marche, on n’a pas envie de tabasser la tête des auditeurs. Par contre, quand on sait qu’un morceau est bon, parce que les morceaux ne sont pas toujours au même niveau, il reste dans la tête. En général, les morceaux qu’on aime ce sont les morceaux qui nous entêtent un peu donc effectivement quand  c’est le cas on se dit qu’on a un truc qui est pas trop mal.

Sylvain : On cherche tous la mélodie ultime, sur la route, on écoutait les Beatles pour savoir comment ils faisaient pour avoir fait des si beaux morceaux avec des mélodies toutes simples qui font que c’est bien .

En écoutant les Beatles ou d’autres groupes, qu’est-ce que vous prenez de leur musique ?

Sylvain : On écoute tous plein de musique, j’écoute pleins de styles de musique différents et je ne cherche pas à reproduire un style mais tout ce que je vais écouter va m’influencer surtout si je suis sur une période où j’écoute beaucoup de hip-hop ou beaucoup de math rock. Il y a forcément des éléments de langage de cette musique qui vont se retranscrire dans mon jeu. Quelques fois aussi on se dit « Tiens ce morceau ça nous fait penser à un morceau d’untel » « Ah il le fait comme ça », du coup, on essaye un peu, effectivement, de piquer la recette par moments de se dire que tel élément marche bien, on aime bien cet élément là de musique, donc on essaye de le retranscrire à notre manière, pas forcément de se calquer sur ce qu’ils font. C’est ça, on essaye de s’inspirer du savoir-faire des gens pour pouvoir faire de la bonne musique, une musique qui nous plaît déjà.

C’est quoi pour vous un bon morceau, à partir de quel moment vous vous dites « Là, ça y est on a fait » ou « c’est un bon morceau ! » ?

Sylvain : (Après quelques secondes de réflexions) est-ce que l’on a déjà réussi à faire ça ?
J’me dis que c’est un bon morceau quand je repars de la répet’ et que je chante encore le morceau. Je me dis c’est que là, il y a quelque chose, il y a une bonne mélodie, un bon rythme. Si t’arrives à le garder en tête, c’est que c’est un bon morceau.

Ludivine : Quand tu arrives à ne pas te lasser du morceau que tu joues, je pense aussi que c’est pour toi un morceau réussi.

Ludivine, quelles sont tes influences musicales ?

Ludivine : J’aime beaucoup les musiques instrumentales. Je fais du clavier dans Vertigo et j’aime vachement écouter la musique où il n’y a pas de paroles. Il y a des groupes actuels que j’écoute par exemples Guess What (morceaux à écouter en cliquant sur les artistes) ou Forever Pavot.

Est-ce que vous avez une prochaine date, ou un projet, une échéance future qui a été fixée pour une nouvelle production ?

Ludivine : On est en train de bosser sur des nouveaux morceaux, peut-être un premier album, on ne sait pas. On est en train de faire des bouts de morceaux en ce moment et puis on est accompagné par la PAM ( la Pépinière des Artistes de la Métropole). Pendant un an, ils nous accompagnent et c’est l’occasion pour nous, vu qu’on a ce projet de faire peut-être un album, de passer par eux pour se faire accompagner sur diverses choses, sur des manières de composer les morceaux. C’est en cours !

Ça fait combien de temps que ça a commencé cet accompagnement ?

Ludivine : Depuis Janvier mais on commence seulement à faire des choses en ce moment.

Depuis ces 6 années que vous avez commencé Vertigo, comment décririez-vous l’évolution de votre musique ?

Camille : Finalement, elle n’a pas tellement évolué. J’pense que quand on a commencé à jouer ensemble, on a tout de suite entendu qu’il y a avait un truc qui se passait, qui était assez rigolo et qui sonnait de façon un peu étrange parfois. Ce qui sonnait à cette époque là, continue d’être quand même la base des morceaux et des choses qu’on cherche encore aujourd’hui. Alors ça c’est peut-être plus taillé, on est devenu forcément meilleur interprète de notre musique mais le son que l’on avait au tout départ, c’est encore celui que l’on a aujourd’hui, je trouve.

Sylvain : Ça a un petit peu évolué, on a gardé le même instrumentarium de batterie, clavier, chant ensuite Camille a pris une basse pour remplir un peu plus le spectre sonore. Aujourd’hui, on en arrive à faire des évolutions sur les choix des claviers que l’on utilise, du coup les sons qui vont sortir et donc l’ambiance générale du groupe. On reste toujours batterie, clavier, chant, c’est la base du groupe puis on voit jusqu’où on peut aller dans l’exploration de tous ces instruments.

Camille ajoutera qu’ils continuent de développer cet univers.
Pour le découvrir et suivre leur actualité, il y a leur site , leur page Facebook, leur SoundCloud et leur chaîne YouTube.

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