120 battements par minute est un film réalisé par Robin CAMPILLO qui retrace l’histoire d’Act Up Paris, une association défendant les personnes victimes du Sida.

Act Up  Paris s’inspire de la création 2 ans plus tôt en 1987 de la même association : Act Up New York.
Sujet fort pour ce film, Grand Prix du jury du festival de Cannes 2017 avec la lutte pour la prévention contre le virus du SIDA. Nous sommes quelques temps après la création de l’association Act Up Paris en 1989, à Paris .

En 1992, 10 ans après le début de l’épidémie, Robin CAMPILLO a rejoint cette association, confiant qu’ « en tant que gay, j’avais vécu les années 80 assez difficilement dans la peur de la maladie. Au début des années 90, je tombe sur une interview télévisée de Didier Lestrade, l’un des fondateurs de l’association. Il y parle de « communauté sida » composée, selon lui, des malades, de leurs proches et du personnel médical qui affrontent cette épidémie dans une forme d’indifférence de la société. Ce discours rompait un silence qui avait duré presque dix ans. C’est à ce moment-là que je décide de rentrer à Act Up » confie le cinéaste.

Film biographique alors ? Pas du tout. Néanmoins, il déclare avoir essayé de reconstituer des débats et actions mais en les organisant différemment. Pour ses personnages, il s’est plus inspiré des tensions qui opposaient les personnes de l’époque plutôt que les personnes réelles elles-mêmes.
Parmi son casting, lui et ses directrices de casting ont cherchées à conserver la diversité des militants de l’époque, ils racontent avoir mis du temps à composer ce casting hétérogène en prenant des acteurs venant du cinéma, du théâtre, d’autres plus proches du cirque, de la danse . Certaines personnes ont même été trouvées sur Facebook ou dans les boîtes de nuit. Selon le réalisateur, il était par ailleurs assez logique que la plupart des acteurs soient ouvertement gays pour un film faisant de la visibilité l’une de ces armes.

À l’époque du film, les associations n’avaient pas les réseaux sociaux, Internet comme aujourd’hui , ils n’avaient donc pas les mêmes moyens de diffuser leurs images. Plutôt que Twitter, Facebook ou encore les smartphones, c’était la télévision. Act Up adaptait par conséquent la mise en scène de ses actions à ce média. C’est l’une des rares association à avoir rassemblé chaque semaine tous ces membres dans une réunions publique et ouverte à tous.

L’association existe toujours et les réunions hebdomadaires (également appelées RH) aussi. Le film a même permis d’augmenter le taux de fréquentation de ces RH. Rémy HAMAI, l’actuel président confiait dans un article de Libération publié le 30 Novembre que le nombre de personnes présentes est passé d’une poignée à une centaine.
Le titre : 120 battements par minute, Robin CAMPILLO, le réalisateur ne donne pas vraiment de justification précise mais en évoque plusieurs.
La musique étant présente dans le film on peut ainsi penser à elle, il a même évoqué l’importance de la house musique à des années 90  puisqu’elle accompagnait les militants. Celle-ci est  à 124 battements par minutes (on notera au passage que la techno minimale est à 120 bpm), il la qualifie de  «  musique festive et un peu inquiète comme la situation que vivait la communauté gay » avant de la définir comme « la bande originale de l’époque ». (Il n’y a en fait qu’un seul morceau emprunté à cette période : What about this love de Mr Fingers).

Le tempo de ce style musical ne serait pas la seule raison quant au choix du titre. Ce rythme peut également correspondre à celui de la peur, celui de l’orgasme sexuel, ou encore celui de l’adrénaline des actions.

En se focalisant sur la musique on entend une version remixée par Arnaud REBOTINI du titre Smalltown Boy de Bronski Beat. Le choix de cette chanson, interprétée par Jimmy SOMMERVILLE, n’est pas anodin : le chanteur est homosexuel et militant pour Act UP New York. Il fait figure d’exception parmi la house de l’époque (le titre original date de 1984) . Robin CAMPILLO raconte : “L’un de mes premiers souvenirs d’Act Up est un magnifique concert qu’avait donné Jimmy SOMMERVILLE pour l’association au Cirque d’hiver” en poursuivant que ce morceau évoque les premières années de l’épidémie.

Qui est “Robin CAMPILLO”, le réalisateur de ce film qui représentera la France aux Oscars 2018 ?

Un ancien étudiant d’IDHEC ( Institut des Hautes études cinématographiques) né au Maroc en 1962. En 1983, il va rencontrer Laurent CANTET avec qui il va co écrire et monter L’Emploi du Temps (en 2001), Vers le Sud (en 2005) ou Entre les Murs (en 2008) film ayant  par ailleurs reçu la Palme d’or au 61ème Festival de Cannes.

En 2004, il réalise son premier long-métrage, Les Revenants en s’inspirant de la série du même nom. Eastern Boys, son second réalisé en 2014, va obtenir le Prix Orizzonti du meilleur film à la Mostra de Venise.  Également nommé au César 2015 dans les catégories Meilleur film et Meilleur réalisateur.

Robin CAMPILLO est monteur et scénariste, il a dernièrement, été celui du film L’atelier où des jeunes en insertion participent à un atelier pour écrire un roman noir. Ils sont aidé par Olivia, une romancière connue. Ce long-métrage réalisé par Laurent CANTET a été présenté au dernier festival de Cannes dans la catégorie Un Certain Regard.

Au dernier festival de Cannes, il a reçu pour 120 battements par minute le prix FIPRESCI ( un prix décerné afin de soutenir le cinéma de genre, risque, original et personnel), primé au Festival du Film de Cabourg, Journées Romantiques 2017, il est toujours en course pour les Oscars et le DVD est déjà disponible.

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