L’intelligence Artificielle…

C’est quoi et où on en est ?

 

L’IA « faible », notre capacité actuelle

L’intelligence artificielle « faible » est l’IA que nous sommes capables de créer actuellement. Elle est faible, face à un idéal d’une intelligence artificielle. Vous en avez d’ailleurs sûrement chez vous sans le savoir :

  • Une enceinte connectée Amazon ou Google.
  • Votre ordinateur qui gagne face à vous aux échecs car vous n’êtes pas assez bon.
  • Les bots de jeux vidéo qui remportent la victoire car vous n’êtes définitivement pas assez bon.
  • Siri à qui vous posez des questions (drôles au début, mais maintenant ça ne fait plus rire personne) sur votre IPhone.
  • Google !

Vous l’aurez remarqué, vous êtes entourés d’intelligences artificielles, mais elles sont faibles. Pourquoi ? L’IA faible est une intelligence artificielle qui se focalise sur une tâche précise: mission donnée — réponse à la mission donnée. Elle n’est pas capable d’émotion ou de sentiment, elle n’est pas sensible. Aujourd’hui, toutes les intelligences artificielles sont considérées comme faibles. Le projet pour ces prochaines années serait de passer à l’intelligence artificielle « générale » ou « forte », une IA qui ne fonctionnerait pas que dans une gamme prédéfinie limitée. Passer de l’IA faible à l’IA forte reviendrait à donner la vie à une machine…Actuellement, ces IA faibles sont utilisées pour nous servir (à capacité variante), et surtout à nous divertir. Quand vous parlez seul.e dans votre chambre à Siri sur votre IPhone, vous pourriez croire que votre Smartphone (d’ailleurs nommé « téléphone intelligent ») réfléchit ou pense, mais il n’en est rien; il n’exécute que des données que l’homme lui a fourni via un système de codage. En fonction de paramètres donnés, votre téléphone effectue une tâche de manière logique. Désolée, votre téléphone n’est pas en vie…

 

L’IA « forte », ou le futur en route vers le progrès

L’hypothèse de l’IA forte du philosophe SEARLE : « L’ordinateur programmé de manière appropriée avec les bonnes entrées et sorties aurait ainsi un esprit exactement pareil que celui des êtres humains. »

L’intelligence artificielle « forte » est l’idéal de l’intelligence artificielle, ce serait l’intelligence artificielle ultime en quelque sorte. Une intelligence artificielle forte serait dotée de conscience, ce qui la rendrait capable d’émotion. Une IA est apte à la réflexion et à l’interaction intelligente, elle peut analyser et raisonner. Mais, plus qu’une simple intelligence artificielle, l’IA forte serait douée d’une conscience et d’émotions, ce qui la rendrait capable de comprendre ses propres raisonnements. Ce projet que serait la fabrication d’une intelligence artificielle ayant une réelle conscience d’elle-même et des sentiments la rapprocherait fortement de l’intelligence de l’homme. Comme nous, elle pourrait prendre du recul sur ce qu’elle fait.

Pour le moment, l’intelligence artificielle fait face à un problème : la conscience. Il est aujourd’hui quasiment impossible de modéliser une conscience ; elle-même reste encore un grand mystère de l’homme.

Vous l’aurez compris, nous sommes encore loin de créer une conscience avec l’intelligence artificielle. Pour l’instant, l’IA nous aide au quotidien plus qu’elle ne crée la vie ou une sorte d’être humain bionique. L’IA nous permet d’augmenter notre puissance de traitement, de permettre des calculs plus précis pour développer certains domaines scientifiques, mais surtout, elle a une place de plus en plus grande dans l’information et le traitement de celle-ci.

 

Quels impacts sur notre monde actuel et futur ?

L’intelligence artificielle suscite admiration mais surtout crainte… Pourquoi ? Dans nos fantasmes, nous retrouvons la peur de l’IA qui se libère des chaînes de l’homme, devient libre, autonome et auto-suffisante. Mais avant de nous projeter dans la science fiction, arrêtons-nous sur les conséquences réalistes de l’IA dans notre société actuelle : l’automatisation.

Une avancée phénoménale actuelle, que d’avantage!

  • L’extraction de données précises parmi un grand nombre de données (le data mining) peut être très bénéfique pour tout ce qui est entreprises et structures sociales. Faire le tri dans des données peut permettre de mieux cibler les clients, et de fait, améliorer le service client.
  • D’un point de vue fictif, l’intelligence artificielle permet de développer les jeux vidéo, les rendre plus réalistes et ainsi améliorer la satisfaction des joueurs.
  • Dans le domaine médical, les machines avec une IA développée permettent d’opérer avec plus de précisions. Au-delà de l’opération, des chercheurs de l’Université d’Indiana ont collecté des données de santé auprès de 500 véritables patients. L’IA et des médecins chacun de leur côté ont établi des diagnostics et un traitement pour chacun des cas. Le résultat a été que les diagnostics et les traitements prescrits par l’IA étaient 42% plus justes que ceux prescrits par les médecins.Ici, l’intelligence artificielle permet d’aider l’homme, voire de lui être complémentaire, mais le surpasse t-elle dans notre société actuelle ?

 

N’avons-nous pas peur pour le futur ?

L’automatisation est la plus grande crainte des Hommes vis-à-vis des IA. En effet, de plus en plus de domaines professionnels ont recours aux intelligences artificielles et cela engendre une chose en particulier : la suppression d’emplois. Pourquoi payer un humain à long terme quand on peut payer une machine composée d’une IA en une fois qui, en plus, sera plus efficace ? Dans le domaine médical, l’arrivée des IA est une avancée et un avantage majeur car elle ne reste qu’une aide dans ce milieu en manque d’effectif. Mais, dans certains métiers, l’IA remplace tout simplement l’humain. Dans le domaine bancaire par exemple, les chargés de clientèles ou les conseillers sont les plus touchés par l’arrivée et le développement des IA, alors qu’ils représentent un peu moins d’un cinquième de l’effectif de ce secteur. Pour donner un autre exemple, l’arrivée des IA dans le domaine du doublage affole les gens du métier; les machines sont désormais capables de reproduire des sons équivalents aux voix humaines et arrivent à faire ressortir les émotions et sentiments, que le doubleur est censé imiter, aux bons moments.

Cela pose alors des problèmes éthiques : les IA vont-elles prendre la place de certains, et surtout, est-ce juste de faire cela ? L’arrivée des IA dans les secteurs professionnels est principalement une question d’argent : un coût moins élevé, une meilleure efficacité (selon les secteurs), et notamment une totale disponibilité, ce qui permettrait à une entreprise de dépenser moins pour produire bien plus. L’homme créer une intelligence pour en mettre une autre à la rue…

Ce problème d’éthique n’est pas nouveau et va plus loin que la suppression d’emplois et de licenciements. Comme nous l’avons vu avec le deep learning, la reconnaissance faciale et vocale ne cesse de se développer. Peut-être avez-vous le film Minority Report où toutes les communications commerciales et les publicités se font sur la base de la reconnaissance des personnes, de sorte que chaque affiche publicitaire croisée dans la rue est ciblée sur la personne que l’IA reconnaît grâce à la collecte de données personnelles de chaque individu. Ici, nous sommes encore dans le fictif, mais la collecte de données personnelles ne vous dit-elle rien ? Chaque jour, nous entrons dans nos IA respectives (Smartphone, Google, Facebook, etc.), nos données personnelles qui sont déjà utilisées pour cibler les publicités que nous rencontrons sur internet en fonction de nos goûts personnels (que nous avons nous-mêmes donné à l’IA via nos recherches ou autres). Un problème se pose alors : le droit à la vie privée. Projetons-nous dans le futur et imaginons le pire : l’IA au service de la tyrannie, tout simplement. Avec le développement de la reconnaissance faciale et vocale et celui de la récolte des données personnelles au service d’une entité tyrannique, une surveillance totale serait facile à appliquer.

Pire encore, le projet de robot-tueur animés par des IA. Non, nous ne sommes pas dans un film de science fiction, ce projet est bien en cours de développement, malgré les mises en garde de l’ONU au printemps 2018.

 

Bref, les problèmes éthiques ne se font pas rares… Alors, les solutions seraient-elles dans les mains de l’Homme ?

 

Entre utopie et dystopie…

STEPHEN HAWKING en 2014 à la BBC:

« Je pense que le développement d’une intelligence artificielle complète pourrait mettre fin à l’humanité. »
« Une fois que les Hommes l’auraient développée, celle-ci décollerait seule et se redéfinirait de plus en plus vite. Les humains, limités par une lente évolution biologique, ne pourraient pas rivaliser et seraient dépassés. »

 

Nous pouvons avoir du mal à voir le développement de l’intelligence artificielle de manière positive; entre la privation de la vie privée, la surveillance, la suppression d’emplois, ou encore le projet d’IA tueuses. Imaginons en plus, si l’IA « forte » soit un jour réalisable; l’homme pourrait-il mettre fin à ce qu’il a créé, ou commettra t-il une reprise du Monstre de Frankenstein ?

Si nous voulons voir le côté positif de l’IA, nous pouvons penser à la complémentarité entre l’homme et la machine qui pourrait faire évoluer l’espèce humaine en sa faveur, développer ses connaissances, découvrir d’autres mondes, ou encore, passer à une étape supérieure de l’intelligence; l’intelligence coude à coude avec son alter-ego artificiel.

 

Vous l’aurez compris : tout dépend de l’Homme, et dans quelles mains les IA sont mises…

 

Elisa LEVACHER

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