Projet né de l’envie d’avoir une trace vidéo du concert de leur album Woman Worldwide. Iris : A Space Opera est passé au cinéma en séance unique le 29 août.

Après avoir payé 14€ de séance, j’entre en salle où nous ne sommes qu’une dizaine, je suis étonné de voir si peu de personnes pour un groupe renommé comme celui-ci. La séance commence sans plus tarder. Rapidement dans l’ambiance, Justice nous parle de ce que représente le projet. Les membres nous expliquent l’idée de vouloir réaliser une reproduction fidèle au show en mettant le visuel en avant, avec des moyens techniques supérieurs grâce à un tournage en studio. Mais tout cela leur permet aussi de bénéficier d’une captation en environnement maîtrisé et sans public. Il s’agit d’un choix artistique engagé laissant libre court à l’imagination et la réalisation.

Au bout d’une dizaine de minutes, l’interview et l’explication du live ne sont toujours pas terminées. À vrai dire leur discours commence à devenir rébarbatif.

Après vingt à trente – longues ? – minutes, le set live commence enfin, composé de splendides travellings, nous sommes instantanément conquis par la beauté de chacun des plans. Côté musique, c’est envoûtant – Je vous invite au passage à écouter l’album (à noter que c’est un album mixé, un DJ set) Woman Worldwide, repris pour ce show -. La beauté arrive à nous emporter lors des premiers morceaux. On note une symétrie parfaite qui sait conquérir l’œil de chacun, le sol est composé de panneau noir réfléchissant toute la configuration visuelle du show.

Malheureusement, on se retrouve vite à tomber plus ou moins toujours sur les mêmes plans. Petit à petit, chaque plan devient long et déjà vu, le montage ne colle pas au côté impactant de certaines musiques. Le manque d’originalité des plans crée un effet « ennuyeux », par exemple nous n’en voyons que très peu où le travelling se fait parallèlement à la scène, mais ces quelques séquences ont su retenir mon attention. Les travellings descendants verticalement sur scène provoquent un effet assez particulier qui correspond très bien au ton qui est donné. Ces séquences nous font nous demander où est la caméra jusqu’à ce que l’esprit arrive à situer où nous sommes. C’est à ce moment qu’un montage rythmé aurait pu permettre au cerveau de ne pas avoir le temps de réaliser la situation, ne pas réfléchir et vagabonder. C’est d’ailleurs sur ce point que je trouve cette captation longue et ne correspondant pas à ce que j’en attendais.

Concernant Justice eux-mêmes, les deux membres du groupe ne sont que très peu actifs sur scène, ils ne transmettent pas de vibes énergiques – J’ai aussi eu des échos de personnes qui me disaient que leurs lives étaient pareils, très peu d’interactions avec le public, un simple concert, rien de plus, rien de moins -.

Le principal problème concernant cette œuvre est à mes yeux sa longueur, qui je pense, a été produite en fonction de son prix. La partie concert dure une heure, mais aller au cinéma pour un temps si court, au prix de 14 euros, ça ne passe pas. Ajouter une partie documentaire d’une vingtaine de minutes afin de justifier ce tarif ? Ça donne une impression de remplissage. Il s’agit d’un temps artificiel, avec un contenu qui n’est pas forcément le plus pertinent et qui plus est, sans grande qualité.

Mais finalement, je recommande ce genre de projet. Notre paysage artistique mérite une quantité plus élevée de propositions similaires, osées et assumées.

Je me pose encore la question de savoir si j’ai aimé l’œuvre. C’est assez particulier, je garde un excellent souvenir de certains plans à l’écoute de l’album. Je ne pense pas non plus pouvoir les blâmer au sujet des plans qui ne sont pas assez rythmés ou dynamiques. Leur proposition artistique était originale, un projet posé et calme. Je pense par contre que le choix de la direction artistique n’était pas le bon et ne correspondait pas à mes attentes personnelles.

Ce projet est une performance qui, je trouve, correspondrait parfaitement à l’idée de la réalité virtuelle, complexe à mettre en place certes, mais l’idée n’est pas à omettre. Éventuellement voir cette captation avec ce montage, simplement avec un masque de réalité virtuelle, pourrait apporter quelque chose.

Je recommande Iris : A Space Opera à 100%. Surveillez seulement le tarif ! Mais si le projet sort en DVD ou qu’il passe à nouveau au cinéma : foncez. C’est un super moyen de voir Justice même s’ils ne passent pas près de chez vous. Peut-être comprendrez-vous mieux la direction artistique que moi et que vous saurez réellement l’apprécier. Le choix artistique était-il judicieux ? Je vous laisse faire votre propre opinion.

Bryan ROILLE

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