A quoi bon tomber dans l’ivresse médiatique à la sortie d’un disque, quand on peut tout simplement prendre son temps et revenir tranquillement avec les artistes sur leur création musicale ? Nous sommes partis découvrir le nouvel EP de DAYMARK « PHARE » sorti le 14 juin dernier. D’une rencontre spontanée, ces deux amoureux de l’électro nous proposent un voyage dans leur univers liant cinéma et mélodies. 

Binôme musical, sans doute également amical, quelle est la rencontre qui a donné naissance au duo ?
DAYMARK : Nous sommes Edouard et Gabriel. On s’est rencontré à l’American School of Music et c’est un peu par hasard, lors d’une jam, qu’on s’est découvert de véritables affinités musicales. On a ensuite joué ensemble dans différents projets musicaux de styles variés. Cependant, on a toujours une conception musicale commune et on a commencé à se retrouver en parallèle de nos projets pour faire du son tous les deux. Suite à ses nombreuses sessions, on a commencé à avoir une idée plus claire de ce qu’on voulait faire musicalement , et de là est né DAYMARK.


Vous avez sorti un premier EP en 2017, vous arrivez 2 ans plus tard avec un second EP, que s’est-il passé tout ce temps ?


DAYMARK : On a pas mal bossé sur des projets parallèles; des BO pour l’un et 2 autres projets dont un solo pour l’autre.  On a resserré le groupe sur nous deux, car nous jouions avec un batteur sur le premier EP. On a ensuite sorti 2 singles « Massive » et « Looking Above » ainsi qu’un remix d’un titre du groupe Idem Colony. On a enchaîné plusieurs dates en région parisienne durant cette période, et nous avons réalisé un live à l’Institut du Monde Arabe. Par la suite, on s’est mis à travailler sur plusieurs morceaux et à redéfinir notre esthétique aussi bien sur le plan visuel que musical, ce qui a donné naissance à « PHARE ».

Pochette de l’EP « PHARE »


Vous faites de la musique électronique et êtes loin de l’univers de cet électro qui secoue physiquement les corps ; et vous proposez une musique électronique presque reposante… Comment parleriez-vous au mieux de votre musique ?

DAYMARK : C’est une musique aérienne avec des atmosphères cinématographiques qui alterne moments reposants justement et passages plus viscéraux et puissants. On y mélange des éléments électro et pop à des atmosphères post-rock d’où le fait qu’on aime qualifier notre musique d' »électro post-pop »  en hommage à ces différents styles musicaux.


Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire de la musique électronique ? Qu’est-ce que cela représente pour vous ?

DAYMARK : La musique électronique nous a rapidement intéressé étant donné le champ de possibilités quasi-illimité qu’elle permet: c’est une des façons les plus précises de retranscrire les émotions qu’on voulait véhiculer via notre musique. Pour nous, le travail sur les textures et l’aspect punchy des beats sont essentiels: ce sont deux éléments qui représentent bien la musique électronique à nos yeux. 


Vos musiques sont principalement instrumentales, on y retrouve peu de paroles, c’est pour une raison particulière ?

DAYMARK : De base on composait avec pas mal de paroles, et avec le temps les voix sont devenues pour nous un instrument comme un autre, pas forcement au premier plan. On les pense un peu comme des samples, sauf qu’on les chante vraiment. On aim
e l’idée que 2 phrases répétées dans un certain contexte musical puissent avoir plus d’impact émotionnel qu’une multitude de paroles. Ce qui nous plaît, c’est cette inter-dépendance où le texte sert la musique, mais également la façon dont la musique confère une certaine profondeur à un texte simple.


Vous donnez de ce fait place justement à la mélodie, aux sons… Qui sont les artistes et les univers qui vous inspirent ?

Pink Floyd, Radiohead, Bonobo, Cliff Martinez, Boards of Canada, Mogwai, Massive Attack et pleins d’autres…



Et si on parlait un peu plus de vos titres ? On découvre un EP de 4 titres, comment s’est articulé le choix des morceaux, l’organisation ?

Au moment où on s’est mis à se lancer dans la conception de l’EP,  on avait 2 morceaux finis depuis quelques temps (Reaching et Walkers), ainsi qu’une sélection de plusieurs morceaux, plus ou moins avancés. On a alors choisi de finir les démos qui sont devenues Spirit et Storm.
De là est partie la volonté de raconter une petite histoire, de donner une cohérence entre 4 morceaux, un peu comme un mini album: avec une vraie introduction, puis un passage par plusieurs états émotionnels avant de finir sur une touche éthérée plus épique en conclusion.
On aime l’idée qu’un morceau ne se suffit pas à lui même et qu’il prend encore plus d’importance dans un format EP ou album (surtout à une époque très « single »).
A travers la pochette de l’EP, et les titres « Spirit », « Walkers », ou encore « Storm », on a presque l’impression que vous vous apprêtez à faire une rétrospection douloureuse, un voyage plein de turbulences, c’est le cas ?

Un peu oui, avec un petit hommage à l’aventure d’un de nos grands-pères qui s’était crashé dans la jungle birmane pendant la guerre. Mais plus directement, c’est aussi associé à notre idée selon laquelle on propose une musique aérienne, symbolisée par nos personnages d’aviateurs, et par un feu (en l’occurrence, celui de notre avion) qui serait visible aux alentours, comme un « Phare ». Il y a une sorte de dualité entre nos personnages, sereins dans une situation dramatique, qu’on ressent dans notre musique par l’alternance de passages très doux et d’autres plus puissants, plus incisifs.

 


On a attendu 2 ans avant un nouvel EP, maintenant que celui-ci est disponible à tous, que comptez-vous faire désormais ?

On va déjà commencer par le défendre sur scène. Ensuite,  on envisage de tourner un nouveau clip pour un autre titre extrait de cet EP. Sinon, on travaille sur différentes collaborations et on prévoit ensuite de bosser de nouveaux titres pour un nouvel EP ou un album.

 

Comment organisez-vous l’esthétique de manière physique et visuelle de votre EP dans vos concerts ?

On a déjà commencé à l’expérimenter à notre concert aux Etoiles pour la release-party de l’EP, mais on va projeter nos visuels et clips en accord avec un show lumière synchronisé sur la musique. 
Dans l’idéal, on aimerait donner autant d’importance à nos visuels qu’à la musique sur scène, et proposer une sorte d’expérience spatiale. Car nos concerts sont plus contemplatifs que dansants, donc on veut vraiment accentuer ce côté dans notre scénographie.

 

Avant de terminer, pourriez-vous nous dire, le mot qui définirait votre EP ?
SPATIAL.
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Stanley TORVIC
Fondateur et le rédacteur en chef de YOUR MAGAZINE. J’ai 20 ans et je suis en 3eme année de licence Arts du spectacle option Théâtre à l’Université de Caen. Entre le magazine et mes cours, je suis membre du bureau et du conseil d'administration de l'association caennaise Radio Phénix. Passionné par les arts et la culture, j’ai fondé YOUR MAGAZINE afin de rendre accessible la lecture et les arts aux jeunes désavantagés.

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